État des lieux des décès fin mai 2024 - rien de nouveau à l’horizon ?
L'article présente un état des lieux des décès en France fin mai 2024. Au niveau national, on observe une baisse du nombre de décès par rapport aux années précédentes. L'âge moyen des défunts stagne depuis le pic de mortalité lié au Covid en 2021. L'article propose également des analyses par département, en mettant en évidence des variations importantes entre les régions. Enfin, l'étude se concentre sur le département de l’Indre-et-Loire, en soulignant l'importance de la ville de Tours dans les statistiques de décès. La tendance générale est à la baisse, mais chaque zone doit être analysée individuellement.
L’INSEE vient de mettre à jour les données des décès à fin mai 2024. Je vous propose dans cet article de faire le point sur l’évolution des décès à la fois aux niveaux national, départemental et local, en m’appuyant sur quelques exemples. Je fais un peu de pub 😃 : tous les graphiques proviennent de notre outil DIG (lien). Que ceux qui souhaitent en savoir plus n’hésitent pas à me contacter : charles.simpson@seniormedia.fr
- Au niveau national
L’année 2024 ressemble fortement à l’année précédente. Mais 2023 était en net recul par rapport aux trois années d’avant : 2020 et 2021 affichaient une forte mortalité liée au Covid, tandis que l’impact des grippes était important en 2022.
- Évolution journalière des décès : comparaison avec les années précédentes
Le nombre de décès à fin mai 2024 s’élève à 278 641, un chiffre à comparer avec celui de l’année précédente : 279 572. On observe donc une légère baisse, de 0,3 %. Si on le compare aux trois années précédentes, ce nombre est en baisse de plus de 5 %.
- Évolution journalière des décès sur les cinq premiers mois de l’année
Comme vous le savez, l’évolution des décès connaît des variations importantes d’un mois à l’autre (pour en savoir plus, lire l’article à ce sujet). On retrouve sur ce graphique une courbe assez similaire entre 2024 et 2023, sans oublier que le nombre de décès avait été très important en décembre 2022.
- Évolution mensuelle des décès depuis janvier 2019
Depuis janvier 2023, le nombre de décès est en baisse, seul le mois de février 2024 a connu une très légère croissance. Cette courbe nous permet aussi de constater la cyclicité des décès en France en hiver (décembre et janvier).
- Évolution mensuelle des décès en France sur les douze derniers mois glissants (en comparant avec l’année précédente)
En comparant l’évolution des douze derniers mois aux douze précédents, on remarque qu’en dehors du mois de février, les chiffres les plus récents se situent systématiquement en dessous des douze mois précédents. Par ailleurs, ce graphique met en avant le nombre de décès en décembre 2022, qui a été un mois record.
Nous vous proposons une projection des décès sur les vingt-quatre prochains mois, établie grâce à un modèle nommé SARIMAX (pour ceux qui souhaitent en savoir plus, voici le lien : https://datascientest.com/modele-sarimax-tout-savoir. Ce modèle est par nature imparfait, mais il permet d’intégrer dans les projections la périodicité (Composante Saisonnière) en plus de la tendance long terme (Autorégression) et le bruit.
- Projection des décès au niveau national sur les vingt-quatre prochains mois
Comme vous pouvez l’observer, la tendance est plutôt négative. Pour établir ces estimations, je m’appuie sur les données de 2019 à 2024. J’ai volontairement restreint l’historique des données à l’impact du Covid. Cette approche n’intègre donc pas les tendances à long terme avec le baby-boom (j’aurai l’occasion de publier un article à ce sujet en intégrant plusieurs modèles). Selon ce graphique, l’impact sur la mortalité liée au Covid n’est pas encore terminé.
- Évolution de l’âge moyen
L’évolution de l’âge moyen est un des indicateurs qui permet de comprendre la variation des décès. Pendant plus de trente ans, l’âge moyen a connu une croissance continue. Celle-ci a cessé lors du Covid, en 2021. Depuis cette année, on observe que ce chiffre stagne, avec des implications conséquentes sur le nombre de décès. Ces graphiques nous permettent d’identifier les variations, dont certaines peuvent être importantes.
- Évolution mensuelle de l’âge moyen des défunts
On retrouve la même saisonnalité de l’âge moyen sans constater d’augmentation. On observe que le point bas est revenu au-dessus de celui 2020 et 2021. Ce point bas est habituellement en juin ou juillet de chaque année.
- Évolution mensuelle de l’âge moyen des défunts par sexe
En observant ce graphique, je suis toujours surpris par l’écart entre les hommes et les femmes : près de sept ans en mai 2024 !
- Âge moyen des défunts par département
Les écarts sont importants entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les départements de l’Est de la France et ceux du centre ! Pour ceux qui souhaitent se plonger dans ce sujet, voici le lien vers un article dédié.
- Évolution par département
- Nombre de décès par département en France métropolitaine
Pour mémoire, le nombre de décès est fortement lié à la population qui elle-même fluctue énormément en fonction de la taille du département. Les départements du Nord, du Pas-de-Calais, Paris et des Bouches-du-Rhône sont ceux qui affichent le nombre de décès le plus important.
- Variation des décès par département en France métropolitaine
Cette carte nous permet d’identifier facilement les variations : en vert en positif, et en rouge en négatif. Elles diffèrent fortement d’un département à l’autre : par exemple, la Haute-Corse connaît une augmentation des décès de 4,3 %, alors que la Corse-du-Sud montre une baisse importante du nombre de décès, soit -7,6 %.
On peut observer que les départements peu impactés par le Covid, par exemple ceux de la façade atlantique, montrent plutôt une augmentation du nombre de décès. L’inverse n’est pas évident, mais on constate que le Rhône connaît une hausse du nombre de décès (+7,8%) ou que dans les Bouches-du-Rhône, la variation est faible (-0,2 %). En résumé, il est difficile d’en tirer une conclusion simple et globale !
- Analyse d’un département : l’Indre-et-Loire
Pourquoi ce département ? Je l’ai choisi de manière aléatoire, afin d’établir une analyse détaillée d’un de nos magnifiques départements français !
- Évolution des décès en Indre-et-Loire depuis janvier 2019
- Evolution mensuelle des décès en Indre-et-Loire sur les douze derniers mois glissants ( en comparant avec l’année précédente)
La tendance est assez proche de la tendance nationale avec à noter une forte baisse en mai 2024.
- Nombre de décès par commune en Indre-et-Loire
Tours est la ville la plus importante du département : logiquement, du fait de son infrastructure, elle centralise une partie importante des décès. Il faut savoir que les bases fournissant les « décès domiciliés » (les bases où on obtient le lieu d’habitation du défunt) ne sont plus disponibles : actuellement, les bases des données nous permettent seulement de connaître le lieu de décès. Ainsi, si le défunt habite à Amboise, mais décède à Tours, il sera comptabilisé à Tours.
- Projection des décès en Indre-et-Loire sur les vingt-quatre prochains mois
La tendance sur l’Indre-et-Loire est plutôt stable sur les prochaines années.
À Tours, sur les douze derniers mois, on recense 1 351 décès, et sur le département 5 496 décès : la ville représente 24 % des décès du département. La population de Tours s’élève à 138 000 habitants, pour 612 000 habitants en Indre-et-Loire, soit 22 %. Les proportions sont donc assez proches.
Cependant, si je sélectionne Tours et les communes dans un rayon de 10 km autour, le nombre de décès passe à 3 264 : cette fois cela représente 59 % du département. On se trouve typiquement dans un département où la principale agglomération capte l’essentiel des décès, du fait de l’offre hospitalière et d’EHPAD. Rappelons que plus de 50 % des décès ont lieu à l’hôpital.
- Évolution mensuelle des décès à Tours (et les communes dans un rayon de 10 km) sur les douze derniers mois glissants (en comparant avec l’année précédente)
Les années 2023 et 2024 se croisent sauf en décembre. En effet, il y a eu une forte mortalité en décembre 2022 à Tours comme au niveau national.
- Nombre de décès par commune sur la zone sélectionnée
On identifie clairement la concentration du nombre de décès à Tours et dans les communes limitrophes.
- Projection des décès à Tours sur les vingt-quatre prochains mois
En étudiant plus précisément la ville, on retrouve des projections proches de celles de l’Indre-et-Loire, avec une tendance plutôt stable sur les deux prochaines années.
Conclusion
À première vue, 2024 ressemble pour l’instant beaucoup à 2023. L’évolution à court terme du nombre de décès affiche une tendance clairement négative, tandis que l’impact du Covid est toujours très présent (impact de la surmortalité des années 2020-2022). L’analyse plus précise sur l’Indre-et-Loire et particulièrement à Tours permet de se rendre compte de l’importance d’une agglomération dans un département. Évidemment, les variations diffèrent de celles au niveau national, ce qui démontre que chaque zone doit être analysée individuellement. Pour cela, nous mettons à votre disposition un précieux outil : DIG. N'hésitez pas à contacter notre équipe commerciale pour le découvrir et souscrire !